LETTRE PASTORALE DE L’ÉVÊQUE FREDRIK HANSEN,

AUX FIDÈLES DU DIOCÈSE CATHOLIQUE D’OSLO,

SUR LE SACREMENT DE LA PÉNITENCE ET RÉCONCILIATION (CONFESSION)

Loué soit Jésus-Christ ! Loué soit son Saint Nom !

1. Dans ma lettre de Carême de cette année[1], j’ai exhorté, avec insistance, tous les fidèles à aller à la confession pendant ces quarante jours saints. Pour renforcer davantage la place de la confession dans notre Église locale, je voudrais, dans cette lettre pastorale, exposer quelques points fondamentaux sur ce sacrement, le péché et la miséricorde de Dieu et, de la même manière, prodiguer quelques conseils concrets.

Le sacrement de pénitence et réconciliation dans la doctrine de l’Église

2. Les sacrements font partie intégrante de la vie liturgique de l’Église et sont destinés à « sanctifier les hommes, à édifier le Corps du Christ et à rendre le culte à Dieu »[2].

Les sept sacrements – baptême, confirmation, eucharistie, onction des malades, confession, mariage et ordre – ont tous été institués par notre Seigneur Jésus-Christ[3] et ne sont donc en aucune façon un fait de hasard. Les sacrements sont voulus par Dieu et découlent de l’œuvre salvifique de Jésus.

3. En outre, les sacrements sont « des signes efficaces… qui peuvent être perçus par nos sens »[4]. Ils sont concrets, tangibles et visibles. En même temps que nous célébrons les sacrements, nous recevons également à travers eux, la grâce divine. Et la grâce est le don de Dieu pour nous les hommes[5], un don qui nous soutient sur notre « chemin vers la sainteté »[6]. Les sacrements sont, à juste titre, considérés comme des moyens de grâce et de salut. Dans le sacrement de la confession, nous recevons le pardon de l’offense, pour le péché que nous avons commis[7].

Le péché et la miséricorde de Dieu

4. Pour comprendre ce pardon, nous devons reconnaître ce qu’est le péché et ce qu’il fait de nous (ses conséquences). Nous confessons, à chaque messe, que le péché consiste en « des pensées, des paroles, des actes et des omissions »[8] qui vont à l’encontre de la loi de Dieu. En péchant, nous essayons de prendre la place de Dieu et de nous ériger en juges du bien et du mal, comme Adam et Ève l’ont fait dans le jardin d’Éden[9].

5. Tout péché détruit notre relation et notre lien avec Dieu, avec l’Église et avec nos prochains. Les péchés graves[10], également appelés péchés mortels, rompent directement ces liens. Les péchés de faiblesse ne rompent pas les liens, mais les fragilisent[11]. Lorsque nous rompons les liens avec Dieu, avec l’Église et avec nos prochains, nous nous retrouvons seuls, comme le fils prodigue dans la parabole de Jésus[12]. Saint Paul écrit simplement que : « Le salaire du péché, c’est la mort »[13]. Le péché est donc, dans nos vies, beaucoup plus pernicieux que souvent nous ne l’imaginons.

6. Éclairés par les paroles puissantes de Jésus, nous vivons cependant dans l’espoir que le péché n’a pas le dernier mot sur notre vie. Par le sacrement de la confession, dans sa miséricorde, Dieu nous pardonne, rétablit la vie divine en nous, et nous ramène dans l’amitié avec lui et à l’unité avec l’Église. Comme nous lisons dans la première lettre de Jean : « Si nous confessons nos péchés, lui [Dieu] qui est fidèle et juste va jusqu’à pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité »[14].

7. Nous allons donc à la confession, non pas pour nous attarder sur nos erreurs, mais pour rencontrer la miséricorde insondable de Dieu et recevoir son pardon et sa paix. Car s’il y a une chose que notre foi proclame de façon claire, c’est que Dieu est riche en miséricorde et se réjouit chaque fois qu’un pécheur se repent. Dans les Psaumes, il est souligné qu’« aussi haut que le ciel est au-dessus de la terre, ainsi est grande la miséricorde [de Dieu] envers ceux qui [le] craignent »[15], et Saint Luc renseigne que lorsque le fils prodigue s’est repenti et fut réconcilié avec son père, « il y eut fête et joie »[16].

Se confesser

8. Le chemin vers la confession doit donc être court et sans obstacles. C’est un chemin que nous devrions régulièrement emprunter, et parcourir chaque fois que nous avons commis des péchés graves. Si nous demeurons dans le péché, loin de l’état de grâce, nous nous retrouverons seuls et cela conduit encore à plus de péchés. Le péché devrait plutôt susciter en nous le désir de confesser nos péchés et de recevoir le pardon de Dieu. L’Église prescrit également, et il convient de le répéter ici, que celui qui est conscient d’avoir commis un péché grave s’abstienne de communier[17].

9. Chaque fidèle devrait se confesser régulièrement. Ainsi, nous apprendrons à examiner notre vie pour y déceler les péchés de faiblesse, à comprendre de plus en plus profondément la loi de Dieu et à chercher avec dévouement la sainteté à laquelle le Seigneur nous appelle : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est Parfait »[18]. Une bonne pratique de confession signifie aller se confesser plus d’une seule fois par an. Je me permets donc de vous exhorter, vous tous, à aller vous confesser, au moins trois fois par an, à savoir, pendant le Carême, en période d’été avant la fête de Saint Olav, et pendant l’Avent.

10. Il est important de bien se préparer à une confession, et ainsi remplir les exigences du sacrement, à savoir nous repentir sincèrement de nos péchés, les confesser humblement et accomplir fidèlement notre pénitence[19]. Cela commence par le fait que dans le silence et la prière, nous réfléchissons profondément sur la vie que nous menons, afin de prendre conscience des péchés commis que nous allons confesser, et concrètement comment les avouer au confessionnal. Comme appui à cet examen de conscience, l’utilisation de miroir de confession, à savoir les Dix commandements ou encore d’autres textes bibliques importants est vivement recommandée.

11. Quelques mots aux fidèles et aux prêtres

Chers fidèles ! Nombreux sont ceux qui trouvent difficile le fait d’aller se confesser. Peut-être parce qu’il y a très longtemps depuis qu’ils l’ont fait. Peut-être nous sommes incertains sur ce que nous devons dire au prêtre, comment le dire, et comment ce dernier pourrait réagir. Peut-être nous ne nous souvenons pas comment cela doit commencer, ou comment se déroule le rituel de confession. Peut-être portons-nous des péchés si lourds et graves, et que nous imaginons si impardonnables que le chemin vers le confessionnal semble être une montée infinie.

En tant qu’évêque, je me sens obligé d’aider les fidèles qui, pour ces raisons ou d’autres encore, hésitent à aller à la confession ou évitent ce sacrement. C’est pourquoi je vous invite à m’écrire pour me faire part de ce qui rend difficile l’accès à la confession, afin que vous et moi, puissions ensemble faire du sacrement de la pénitence une pratique vivante dans la vie de tous les fidèles.

12. Chers confrères dans le ministère sacerdotal ! Nous connaissons la grandeur du sacrement de la confession et son importance dans notre vie et dans celle des fidèles. C’est pourquoi je vous encourage, et moi de même, à montrer l’exemple en allant régulièrement et fidèlement à la confession. Faisons en sorte que la confession soit encore plus accessible, encore plus facile à approcher, encore plus sûre et, dans une plus grande mesure, une véritable rencontre avec l’infinie miséricorde divine.

Pour travailler davantage vers cet objectif, je demande au Conseil des prêtres de faire des propositions concrètes sur la façon dont nous pouvons renforcer la confession dans notre Église locale dans les mois et les années à venir.

13. Dans une semaine nous allons monter à Jérusalem avec notre Seigneur. Avec les mystères de Pâques, notamment la mort de Jésus sur la croix pour nos péchés, resplendit la victoire sur la mort et le péché. Cette victoire devient plus concrète en nous dans le sacrement de la confession. Puisse la splendeur de cette victoire nous aider dans notre vie en tant que disciples du Seigneur.

Donné à la Cathédrale Saint-Olav d’Oslo,

le 5e dimanche de Carême, 2026

+Fredrik Hansen,

Évêque d’Oslo


[1] Biskop Fredrik Hansen, Fastemandat 2026 for Oslo katolske bispedømme, 14. februar 2026.

[2] Det andre vatikankonsil, Konstitusjon om liturgien, Sacrosanctum Concilium, 59.

[3] Den katolske kirkes katekisme,1114. Se også Tridentinerkonsilet, Innledning til den syvende sesjon, 3. mars 1547.

[4] Kompendium til den katolske kirkes katekisme, 224.

[5] Se Ef 2,6.

[6] Kompendium til den katolske kirkes katekisme 231.

[7] Den andre vatikankonsil, Dogmatisk konstitusjon om Kirken, Lumen Gentium, 11.

[8] Romersk missale, syndsbekjennelsen.

[9] 1 Mos 3,1-7.

[10] Den katolske kirkes katekisme, 1855-1861.

[11] Den katolske kirkes katekisme, 1862-1863.

[12] Luk 15,11-32.

[13] Rom 6,23.

[14] 1 Joh 1,9.

[15] Sal 103,11.

[16] Luk15,24b.

[17] Den kanoniske lovbok, kan. 916.

[18] Matt5,48.

[19] Den katolske kirkes katekisme, 1450-1460.

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